France 24 : manque de professionnalisme et atteintes à l’image du Togo

La dernière mise en demeure adressée par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) du Togo à la chaîne française France 24 met en lumière des pratiques journalistiques contestables et un manque flagrant de respect pour les principes fondamentaux de la profession.

Le reportage diffusé le 25 juin 2024 dans le journal Afrique de France 24, intitulé « Les maternités face au manque de personnel médical », tourné au Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio (CHU SO) de Lomé, est entaché de plusieurs irrégularités.

Tout d’abord, France 24 a réalisé ce reportage sans autorisation du CHU SO, une violation élémentaire des règles de base du journalisme. De plus, la chaîne a diffusé des informations « matériellement fausses et non avérées », selon la plainte du Directeur Général du CHU SO, portant gravement préjudice à l’image de l’établissement et à la réputation du Togo.

L’absence d’accréditation de la part de France 24 est d’autant plus inacceptable que la chaîne n’a aucun correspondant permanent au Togo. En 2020, la HAAC avait déjà refusé une accréditation à Emmanuelle Sodji, présentée comme envoyée spéciale de France 24, pour ses « antécédents graves dans la couverture médiatique des événements sur le Togo ».

Malgré ce refus et les accusations de « fausses informations » pesant sur elle, Emmanuelle Sodji s’est de nouveau illustrée par des pratiques douteuses en 2023, lors de la couverture du procès dans l’affaire de l’assassinat du Colonel Toussaint Bitala MADJOULBA.

Le comportement de France 24 est d’autant plus regrettable qu’il intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre la France et le Togo.

La mise en demeure de la HAAC est une réponse ferme et nécessaire aux agissements de France 24. La chaîne a sept jours pour corriger son reportage et se conformer aux standards journalistiques internationaux.

Au-delà de cette affaire individuelle, il est important de s’interroger sur les dérives de certaines pratiques journalistiques. La recherche de sensationnel et la course à l’audience ne sauraient justifier la diffusion de fausses informations et le non-respect des règles élémentaires de déontologie.

alerte.tg

Nana média culture lance l’initiative « Révision pour tous »

Le Togo s’engage dans un processus de révision constitutionnelle visant à moderniser le texte fondateur et à l’adapter aux besoins et aux aspirations de la population. Afin de garantir une réforme inclusive et démocratique, Nana média culture a lancé ce 9 avril 2024 à Lomé, l’initiative « Révision pour tous ».

Le projet se veut un « espace de dialogue ouvert et participatif« , selon Ferdinand Affognon, le directeur général de Nana média culture, porteur de l’initiative . L’objectif est de permettre à toutes les parties prenantes, des citoyens aux députés en passant par les universitaires et la société civile, de s’exprimer, de partager leurs opinions et leurs recommandations sur les différents points abordés par la révision. « Révision pour tous » s’inscrit ainsi dans une démarche de sensibilisation, de concertation et de plaidoyer pour une réforme constitutionnelle qui soit véritablement inclusive et démocratique.

La conférence de presse de lancement a été l’occasion d’échanger « sans langue de bois » avec les professionnels des médias. Fabrice Petchezi, président de l’OTM (Observatoire Togolais des Médias), a salué cette initiative comme « un moment intéressant entre confrères » permettant à chacun de s’exprimer sur ce sujet brûlant de l’heure.

vue partielle de la conférence de presse.

Pour aller plus loin, l’initiative prévoit des émissions spéciales réunissant députés, universitaires, acteurs politiques, représentants de la société civile et citoyens. Ces émissions favoriseront la réflexion collective et la formulation de propositions concrètes qui seront ensuite transmises aux autorités compétentes.

En tout cas, l’initiative « Révision pour tous » apparaît comme une démarche positive pour inclure l’ensemble des Togolais dans le processus de révision constitutionnelle.

 Vivement que les discussions à venir permettent de dégager des propositions pertinentes pour l’avenir du Togo.

Dolavi

Opposition supporters gather during a protest calling for the immediate resignation of President Faure Gnassingbe in Lome, Togo, September 7, 2017. REUTERS/Stringer

Tensions au Togo : l’opposition défie l’interdiction des manifestations

Le gouvernement togolais a annoncé l’interdiction d’une série de manifestations prévues par l’opposition les 11, 12 et 13 avril 2024. Cette décision fait suite au vote de la loi de révision constitutionnelle par l’Assemblée nationale togolaise.

Dans un communiqué conjoint, le ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et du développement des territoires et le ministère de la Sécurité et de la Protection civile ont indiqué que les organisateurs des manifestations n’ont pas respecté les dispositions légales en vigueur.

Le communiqué précise que les organisateurs ont été informés de l’interdiction de leurs manifestations et qu’ils ont reçu notification des manquements aux dispositions légales.

 

image/ archive manifestation au Togo

Cependant, le gouvernement affirme avoir reçu des informations crédibles selon lesquelles les organisateurs envisagent de passer outre l’interdiction et de défier les forces de l’ordre.

Le communiqué accuse également les organisateurs de planifier d’étendre la manifestation à l’ensemble de la ville en délogeant les élèves et de s’attaquer aux domiciles de députés préalablement ciblés.

Le gouvernement appelle les populations togolaises au calme et à la retenue et invite les organisateurs des manifestations à respecter les lois de la République.

Dolavi