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Lomé entre ombre et lumière : Le grand nettoyage des uns fait-il l’oubli des autres ?

À Lomé, les grands balais sont de sortie. Depuis plusieurs jours, une vaste opération de désengorgement bat son plein dans la capitale. Objectif affiché : libérer les caniveaux des tonnes de sable et de déchets plastiques charriés par les récentes pluies. À l’approche du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo, ce 27 avril, l’heure est au grand lifting pour offrir un visage digne des grands jours à la ville.

Pourtant, cette ferveur écologiste et patriotique ne traverse pas les frontières de toutes les municipalités. Derrière les artères flambant neuves et nettoyées, de profondes disparités persistent.

Le cas flagrant de Kégué

Le contraste est saisissant dès que l’on s’aventure le long du contournement, dans le quartier de Kégué (Commune d’Agoè-Nyivé 1). Ici, l’élan civique semble s’être arrêté aux portes du quartier. Les signes d’intervention municipale brillent par leur absence. Devant les habitations et les commerces, les caniveaux débordent de boue et sont colonisés par les herbes hautes, stigmates d’un abandon qui dure. À ce jour, aucun engin, aucun agent n’est venu esquisser le moindre début de curage.

Une dynamique à deux vitesses

Cette situation laisse un goût amer aux riverains et soulève une question légitime : pourquoi Kégué reste-t-il le grand oublié de cette campagne nationale d’assainissement ?

Alors que la fête nationale devrait unir la capitale dans un même éclat, ce traitement à deux vitesses rappelle l’urgence d’une gestion équitable des services urbains. L’embellissement de Lomé ne pourra être une réussite que si chaque quartier, de l’hyper-centre à la périphérie, est logé à la même enseigne.